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21/03/2014

LES 47 RONINS DE CARL RINSCH

 

Image1.jpgAyant eu la chance de voir en avant première cette adaptation de l’histoire la plus connue et la plus célèbres de tout le Japon qui fut adaptée maintes fois au cinéma dès 1910-1917, mais également au kabuki et en séries télévisées, je suis ressortis de la projection avec une excellente impression.

Si le scénario prend des libertés avec l’histoire, en particulier les circonstances de la rixe entre Asano et Kira, le fond dramatique historique est parfaitement respecté. Honneur, engagement, dont de soi, respect de la parole donnée et vengeance sont présents tout le long du film, en cela très fidèle à l’histoire.

Les puristes, ceux qui sont plus japonais que les japonais, pourront aussi reprocher au scénariste le coté Hollywoodien avec l’ajout d’une romance amoureuse entre Kaï (K Reeves) et Mika (la fille du seigneur Asano) et éventuellement le coté fantastique avec  sorcières, renards, tengus et dragons. Si l’histoire d’amour n’apporte rien, sauf a élargir le public touché, l’ajout des éléments magiques, bien présents dans l’imaginaire japonais,  ne dérange en rien, bien en contraire, les fans du Seigneur des Anneaux apprécieront.

Autre point très positif, il y a finalement peux d’effets spéciaux à la Matrix (qui était une de mes craintes en voyant la bande annonce) et cette absence redonne au film une dimension profondément humaine. Sans cette débauche d’effets spéciaux qui sont la marque de fabrique incontournable des films modernes « à grand spectacle », le caractère des personnages, leurs convictions, leurs doutes, leurs peurs restent prédominants dans ce film d’aventure qui au final doit être regardé comme une dramatique. Dramatique d’une histoire d’hommes qui ont réellement existé, vécus et mourus en faisant ce qu’ils croyaient juste.

Concernant les acteurs, il ne s’agit pas d’un film avec un héros mais deux. Si Kaï (sang-mélésino-britanique élevé par les tengus interprété par K Reeves) est sensé avoir le rôle principale, la prestation de Hitoyuki Sanada dans le rôle de Oïshi, l’intendant d’Asano à l’origine de la vengeance des 47 lui vole pratiquement la vedette.  Il faut admettre que le personnage de Kaï, plus destiné a être l’élément politiquement correcte du film (le bâtard étranger  dont on besoin la caste des samouraïs persuadé de sa supériorité raciale pour réussir sa vengeance) enfonce des portes ouvertes et n’apporte rien à l’histoire si ce n’est d’être le support de la romance amoureuse et du coté fantastique, soit 50% du film. Ayant ainsi un rôle un peux « parallèle », Kaï tue la sorcière pendant qu’Oïshi tue Kira, les deux acteurs se complètent parfaitement. Cela donne au final un équilibre entre les deux personnages qui fait une grande partie du charme de ce film en soulignant, la encore, l’engagement dramatique des 47.

Bien filmé, avec un crescendo de l’action jusqu’à l’attaque du château de Kira puis le seppuku dans « l’honneur » des 47 qui clôture cette tragédie, le film est complété par des scènes plus intimistes mais ou l’intensité dramatique prend toute sa dimension humaine ; en particuliers la scène ou les 47 signent le keppan qui les lies jusque dans la mort, s’attardant sur la solennité de chaque signature et de ce que cela implique, est un vrai moment d'émotion.

Ajouter une excellente musique d’Ilan Eshkeri et vous n’avez aucune raison de bouder le plaisir d’aller voir ce film car même si Hollywood  est destinée a nous vendre  « l’américanway  of live »  du consumérisme  mondiale, il peut produire parfois des pépites allant dans le sens inverse au niveau des valeurs si l’on prend le temps de décrypter le film.

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