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04/01/2013

PASSAGERE DU SILENCE DE FABIENNE VERDIER

51uezjdikRL._SL500_.jpgAprès des études à l'Ecole supérieur des beaux-arts de Toulouse, elle a vingt ans dans les années 1980 quand elle décide de tout quitter et de partir en chine pour tenter de comprendre, au contact des derniers grands peintres et calligraphes, encore traumatisés par la Révolution Culturelle la force et la souplesse de « l’unique trait de pinceau ».

En Chine, elle partage la vie spartiate des étudiants du Sichuan. La République Populaire qu'elle découvre ainsi de l'intérieur, entre la Révolution Culturelle et la grande révolte de étudiants de 1989, est bien différente de la Chine dont elle rêvait.

L'omniprésence et la surveillance constante du Parti ne facilitent pas les contacts qu'elle recherche : les lettrés versés dans les arts anciens, peintres, calligraphes, sculpteurs de sceaux, ne répondent plus aux normes du réalisme socialiste. À force de persévérance, elle finit par recevoir l’enseignement d’un maître mis au placard par le Parti car représentant de la « Chine décadente ».

 

Essuyant un premier refus, elle va, sans rien lui demander, déposer son travail au pied de la porte de ce maître qui débarquera finalement au bout de six mois pour lui dire : « Si tu veux apprendre, c’est dix ans avec moi ou rien ».

Poursuivant son apprentissage et sa quête, tant artistique que philosophique, elle quitte la Chine au bout de dix ans, enrichie de ce bagage inestimable transmis et enrichis par les calligraphes depuis plus de deux mille ans.

 

Ce livre est un récit vivant et surtout paradoxale de la pratique d’un Do dans un contexte très particulier ou F-Verdier oscille en permanence entre sérénité du trait de pinceau et violence de la vie carcérale du communisme maoïste au quotidien. La rencontre avec le maître sculpteur de sceaux à qui l’on a tranché la main pendant la Révolution Culturelle pour qu’il ne puisse plus pratiquer son art décadent en est un exemple poignant.


Lorsque l’on reprend son instrument de pratique personnelle, qu’il soit pinceau, sabre, arc ou autre, on ne peut s’empêcher de penser à ces hommes qui ont survécus dans la barbarie soutenus par la pratique d’un Do et qui, au péril de leur vie, ont néanmoins voulus transmettre leurs savoir millénaire à une occidentale car ils étaient persuadés que "la fleur du Lotus surnage toujours au-dessus de la vase".   

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