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15/06/2012

LE TEMPS ET L'ESPACE DANS LA CIVILISATION JAPONAISE

 

Katô Shûichi.jpgDernier livre avant son décès en 2008 du grand penseur de la civilisation japonaise Katô Shûchi, cet ouvrage se penche sur les différences fondamentales entre les cultures occidentales et japonaise. S’articulant en trois parties, le livre aborde les notions fondamentales de temps et d’espace dans une civilisation.

Dans la première partie consacrée au temps, après avoir passé en revue les différents modes de conception du temps des principales civilisations (israélite, grecque, chinoise, bouddhiste), K Shûchi montre que si la civilisation grecque, civilisation initiale de notre continent Européen, a de nombreux points de concordance avec la civilisation japonaise, la civilisation judéo-chrétienne qui la supplanté depuis deux mille ans est aux antipodes des modes de pensée du Japon.  Il montre ensuite comment les particularités de la langue japonaise, ordre des mots et conjugaison, sont étroitement associées à la notion du « ici et maintenant ».

Dans la deuxième partie consacrée à l’espace, la démarche est la même et insiste sur les notions japonaise de « fond » (oku), de « primauté des plans horizontaux » et de « construction par ajout ».

Synthèse naturelle, la 3 partie plus courte développe la culture de « l’ici et du maintenant » mais aussi la manière pour les japonais de s’en évader ou de la dépasser.

Ce livre est passionnant car, écrit par un japonais, il nous aide à mieux comprendre leur façon d’aborder chaque geste, ceux de la vie quotidienne comme ceux de la pratique d’un Do. il nous plonge aussi dans les contradictions de ce pays de « l’oubli du passé », en particulier celui qui dérange, mais aussi ce pays de la cérémonie du thé, du « timbre » dans la musique et des poèmes instantanés.

Ce livre est aussi une mise en garde pour nous autres occidentaux à ne pas vouloir être « plus japonais que les japonais », en particulier dans la pratique et la transmission des Voies du Budo. Nous ne pouvons pas faire exactement comme au Japon car nous ne sommes pas japonais, cette simple évidence pédagogique étant parfois malheureusement oubliée. Différence qui peut aussi parfois entrainer incompréhensions et rancœurs lorsque nous pratiquons sous l’œil de sensei japonais, en particulier lors des passages de grade.  

Au final, ce livre ouvre la voie d’une réflexion sur la pratique, sur sa pratique personnelle, sur la façon d’enseigner et sur la façon de faire évoluer nos disciplines.  

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