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16/12/2011

JULES BRUNET, LE "DERNIER SAMOURAI" HISTORIQUE 2/3

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Cependant, dès novembre 1867, devant l’urgence de la situation, le shogun, ne croyant plus rattraper son retard dans la formation de son armée, abandonne sa fonction shogunale au profit du jeune empereur Meiji avec l’espoir d’installer un gouvernement composé des seigneurs locaux (les daimyo) ; mais ce pouvoir collégial ne peut empêcher le coup d’état des partisans « réformistes » qui rétablissent, le 3 janvier 1868, le modèle de « l’ancienne monarchie ». Yoshinobu est poussé à prendre les armes par ses samouraïs, inquiets de perdre définitivement leurs prérogatives.

Débute la guerre dite guerre du Boshin qui voit, le 27 janvier 1868, les armées du shogun dispersées malgré leur large supériorité numérique par une force impériale déjà entièrement modernisée par les concurrents. Yoshinobu, après cette première défaite, se réfugie à Edo.

Alors que les troupes impériales s’approchent d’Edo, l’ambassadeur français Léon Roches propose un plan pour défendre la ville. Mais au dernier moment le shogun refuse le plan français et ses troupes sont écrasées à la bataille de Katsunuma le 29 mars 1868. Edo est encerclé et le shogun capitule le 27 avril pour se retirer ensuite à Mito.

La France dépitée rappelle son ambassadeur, Napoléon III se voit contrainte de proclamer sa neutralité et la mission Chanoine qui est désormais indésirable et sommée de quitter le territoire. Elle se replie sur Yokohama sous la protection de la marine française pour être rapatriée en novembre. La mission française aura eu le temps de former 10000 hommes répartis dans 7 régiments d’infanterie, 1 bataillon de cavalerie et 4 bataillons d’artillerie.

De son côté, Brunet, empreint d’une éthique toute militaire refuse de rentrer en France afin de continuer à « servir la cause française en ce pays », car il estime de son honneur de ne pas abandonner le shogun et ses fidèles samouraïs, des frères d’armes qu’il avait instruits. « j’ai décidé que devant l’hospitalité généreuse du gouvernement shogunal, il fallait répondre dans le même esprit » écrit-il dans une lettre adressée directement à Napoléon III. Brunet embarque alors en secret sur la frégate Kaiyo-maru commandée par l’amiral Ecomono Takeaki. Mais le capitaine Chanoine refuse sa démission et Brunet se retrouve dans une situation de déserteur qui lui fait encourir la cours-martiale.

Le ministère de la guerre le placera finalement en congé d’un an sans solde le 6 février 1869, régularisant implicitement sa situation, mais en précisant qu’au Japon où il est toutefois autorisé, il n’aura désormais que le statut d’un simple particulier. Brunet a, semble-t-il, bénéficié d’un esprit de solidarité de corps. D’ailleurs, l’ambassadeur Roches continue de plaider auprès de l’Empereur Napoléon III la cause du Shogun et huit officiers camarades de Brunet partiront le rejoindre.

Sous la conduite de l’amiral Enomoto Takeaki, les combattants du Shogun, y compris le corps d’élite formé par Brunet battent en retraite vers le nord du Japon devant les forces impériales en surnombre qui contrôlent progressivement grâce à leur artillerie lourde l’île Honshu. Les rebelles s’embarquent alors pour  Hokkaido dans l’espoir de préparer une contre-attaque.

Débarquant à Hokkaido, sous le commandement de Brunet, les rebelles assiègent et prennent le fort Goryokaku aux clans pro-impériaux.  Brunet érige cette place forte de style Vauban (autre influence française) en centre des forces rebelles.  A la tête de son corps d’élite, il vainc brillamment tous les clans ennemis et contrôle l’ensemble d’Hokkaido en décembre  1868.

A suivre . . .

 

08:00 Publié dans Histoire | Commentaires (0) | Lien permanent

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